planèterougeSa cravate est aussi pourpre qu’un coucher de soleil, c’est ce petit bout de tissus joliment noué autour de son cou qui a attiré son attention.

Dés le premier regard, cet homme a réveillé la femme en Marie.

Comme un écrin de velours qui trouve enfin son bijou, le pourpre sensuellement parcourt ses cuisses. Cette couleur l’a secoue, comme un mouchoir qui annonce la fin de la guerre. Elle se rend, pour son plus grand bonheur. Cette vibration est un bon présage : nouvelle lune prometteuse, sa libido grimpe en elle, visite à nouveau son corps, ses organes, ses sens. Le voyage intérieur commence…

Whaw ! Elle n’y croyait plus. Heureux jour !

 

C’est donc vrai qu’il ne faut jamais désespérer, que l’amour est susceptible de s’inviter n’importe quand ! Aujourd’hui il lui rend visite, ça tombe bien, puisqu’elle est là disponible pour cette rencontre.

Marie, s’approche enfin de l’homme à la cravate, se contentant de le regarder vraiment. Dans le mince espace qui les sépare, elle offre son sourire.

Qu’elle se sent heureuse à cet instant, vivante enfin. Elle savoure ce bonheur immense de le rencontrer. Ce qui était vide est maintenant plein. Une lumière pourpre s’allume dans son cœur, emportant tout : les doutes, les peines, les plus jamais…

Elle n’a rien fait, rien voulu et c’est arrivé. L’amour est arrivé…

A chaque jour suffit sa joie. Son cœur déborde.

Lui  aussi, l’homme, il a entendu sa musique.

Dés son entrée dans la galerie, son pouls s’est accéléré, une joie a pris place dans tout son être. La douce mélodie oubliée est remontée à la surface, réchauffant tous les endroits blessés, cicatrisant instantanément les manques. Comme un nouveau jour, le soleil se lève dans son cœur.

Cette femme, il perçoit qu’elle est unique, faite pour lui.

Il a envie de la cueillir délicatement, comme un bouton de rose, de la tenir dans ses bras pour ne pas qu’elle tombe. Il veut fermer les yeux, se rapprocher de son visage, poser ses lèvres sur ses paupières, sur ses lèvres, et descendre tendrement jusqu'au lieu de la pulsation.

Whaw ! Il a envie de danser. Heureux jour !

« Que la vie est belle, merci ».

Paul, ne s’est pas rendu compte qu’il a prononcé ces mots à voix haute. Il rougit intensément.

Mais déjà, Marie, glisse sa main dans la sienne sans rien dire. Ils partagent leurs silences. Présents l’un à l’autre, ils assistent à la naissance de leur amour, dans la simplicité de cet instant feutré. Ils respirent.

Les palpitations de son cœur à lui rejoignent les pulsations de son cœur à elle.

Le lendemain, Marie se trouve sur un chemin qui longe un champ de coquelicots, elle porte une robe vermillon, un bandeau assorti dans ses cheveux. Elle a mis du rouge tendre sur ses lèvres, et du vernis rubis sur ses ongles. Ce n’est peut être pas approprié pour un après midi à la campagne, mais ce n’est pas important, ce qui compte c’est qu’elle a envie d’être belle pour lui, d’être libre, en dehors des normes qui l’ont emprisonnées si longtemps.

Elle se sent belle et rare, elle a envie d’être cueillie comme une rose sans épine.

Whaw ! Elle est libre et fluide comme la brise qui aère la campagne.

Son cœur bat, sensuellement…

Elle est au rendez-vous, il est midi tapante.

Dans sa main droite elle tient le panier, dans lequel elle a mis un bon pique nique, du fait maison ! En pensant à lui, elle a glissé ses mains dans la farine, elle a rajouté de l’eau et du sel, afin d’obtenir une pâte agréable à travailler, elle a pris plaisir à dénoyauter les olives, à couper les tomates en petit dés. Pendant que le cake dorait, elle a pris un bain. Elle a senti l’amour se faufiler dans son aorte, cheminer jusqu’au creux de son nombril, et remonter jusqu’au lobe de son oreille. Aimer cet homme est intuitif. Cet amour la révèle, c’est un mystère.

Il est midi tapante, elle le voit, lui aussi est à l’heure. Il a porté le vin, du Bordeaux, et des cerises. Dans sa main droite, il tient un bouquet de roses rouges, ça tombe bien, se sont ses fleurs préférées.

Tout l’après-midi, Paul a pensé à elle.

Une rose tendre fleurit dans son cœur, il se sent plus grand, plus beau. Fort et fragile à la fois.

Whaw, il a envie de graver deux cœurs enlacés sur le tronc d’un arbre.

Allongée sur les coquelicots, elle plonge son regard dans le sien, les yeux dans les yeux, le cœur dans le cœur. Elle n’a a cet instant qu’un seul vœu : devenir son amante, s’abandonner dans ses bras. Laisser son corps exprimer ce feu qui l’anime.

Paul entre en elle comme dans un temple sacré. Marie pourrait s’évanouir tellement c’est fort, mais elle tient à être là, consciente, à accompagner cette ouverture en elle. Les ondes de leur amour se propagent. Ensemble, ils plongent dans une vague inconnue, faite de va et de vient, de balancements, de respirations, de regards intenses, d’énergie.

L’union charnelle à lieu, comme un miracle. Les corps et les âmes s’unifient.

Ce moment est parfait, absolument parfait. Ils sont infiniment reconnaissants.

L’existence est juste, elle les a conduits l’un près de l’autre.

Ce qui arrive, arrive. Aimer est une chance inouïe. Whaw !